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Thursday, 21 November 2013

Noir et blanc

Aux antipodes de la ville de Chiang Rai se trouvent deux oeuvres architecturales contemporaines qui, selon nous, valent à elles seules une escale dans le nord de la Thaïlande. La première, le Temple Blanc (Wat Rung Khun), figure déjà dans tous les trajets proposés dans cette région. Sur le chemin entre Chiang Mai et Chiang Rai, apercevoir cette structure glaciale et ornementée est immanquable. L'artiste, Chalermchai Kositpipat, est en quelque sorte le Gaudí thaïlandais. Tout comme la Sagrada Família, son oeuvre est un lieu de culte complet dont la complétion lui succédera. La portion déjà complétée est époustouflante. Ce temple moderne combine des symboles bouddhistes et taoïstes à des icônes de la culture populaire. Hello Kitty, Spiderman, Michael Jackson, Harry Potter et Elvis, pour ne nommer que ceux-là, représentent le mal au travers duquel les croyants doivent passer pour atteindre le Nirvana. À l'entrée, les vices des temps modernes sont illustrés. Les têtes des âmes perdues sont pendues aux arbres. Batman, Freddy et Hellraisor balancent aux vents parmi les démons anciens. Réel paysage dantesque, le pont que l'on doit emprunter surplombe une mer de mains qui semblent vouloir saisir les passants. La proéminence du blanc, l'éclat des milliers de morceaux de miroir et la multitude de fioritures baroques donnent toutefois un air de pureté froide au bâtiment. On quitte le temple impressionnés, en passant à côté de plusieurs groupes scolaires en visite.









À l'extrémité nord de la ville, on part à la recherche de la Maison Noire (Baan Si Dum). C'est la tenancière de notre gîte à Chiang Mai qui a insisté pour qu'on aille visiter ce site, qui est boudé par le Lonely Planet et le Routard. Sur la mobylette, Benoît se débrouille de mieux en mieux (surtout qu'il s'agit de notre première motocyclette manuelle et qu'en Thaïlande l'on conduit à gauche).



La Maison Noire est fantomatique de par son manque d'indications. On commence à douter de sa pertinence. Ne trouvant pas le chemin, on s'arrête à un petit magasin général pour obtenir des directions. Ne parlant pas un mot d'anglais, lorsque la vendeuse comprend notre requête, elle sourit, appelle sa voisine d'échoppe, qui court à l'arrière de sa fruiterie et revient avec un bout de papier à la main. Un bon samaritain a pris le temps d'écrire le chemin pour l'élusive Maison Noire. Une vraie carte aux trésors qui est photocopiée et remise aux touristes perdus. La précision du point de départ nous porte à réflexion: est-ce que chaque commerce de cette rue détient sa propre carte? Peu importe, on est chanceux. 5 minutes plus tard, au fond d'un rang, on arrive à destination. Et quelle destination! Le site nous saisit dès les premiers instants. Des structures minimalistes aux allures de temples en teck sont meublés d'ossements et de peaux d'animaux. Ces mosaïques morbides produisent un effet choc ainsi qu'un contraste ivoire avec la noirceur de tout le reste. C'est organique. Ça frôle l'esprit sectaire et primitif. C'est unique. Un site d'art contemporain comme on en a jamais vu. Tout est pensé. Composé. Même les animaux du site, chevaux, cygnes, boa et quelques oiseaux en cage sont noirs. Ils font partie d'une oeuvre grandissante, qui n'a pas d'échéance déterminée et qui dépend entièrement de l'inspiration de Tawan Duchanee, propriétaire et créateur. Agnostique convaincu, il emprunte des symboles à la religion nationale sans toutefois attribuer un statu de lieu de culte à ses bâtisses. Après la visite, on est songeur. L'oeuvre a fonctionné.










Deux oeuvres ambitieuses qui actualisent les espaces sacrés. Pour le voyageur ils jouent avec l'expérience familière de la visite de temples. L'un noir, l'autre blanc. L'un religieux, l'autre laïque. L'un reconnu, l'autre méconnu. Dans ces deux oeuvres, impossible de séparer le mal du bien, malgré les connotations de leurs couleurs respectives. Déviation de nos dichotomies judéo-chrétiennes peut-être. Mais, bon, nous à Chiang Rai, on a un petit penchant pour le côté obscur.


Dates de visite: 6 au 8 novembre 2013

ESTOMAQUÉS - Cours de cuisine

La nourriture thaï est un plaisir partagé par nous deux. Notre histoire est parsemée de soirées mémorables autour de ces saveurs plus ou moins épicées (plus pour Benoît, moins pour Annick). Benoît peaufine d'ailleurs sa recette de pad thaï depuis presque dix ans et Annick prend plaisir à en être la critique culinaire. Un cours de cuisine thaï est donc pour nous un incontournable. De plus, l'idée de recréer ces délicieux mets pour nos familles et nos amis nous plaît bien. On décide donc d'opter pour la Thaï Farm Cooking School, qui permet de visiter un marché et une ferme agricole. On y fournit chapeau et tablier.





Le menu couvre tous les plats qui nous sont incontournables: soupe tom yum, cari vert, cari rouge, sauté aigre-doux, poulet au basilic, salade de papayes, et ce pad thaï inévitable qui s'avère être extrêmement différent de celui que l'on concocte à la maison. En plus d'apprendre à manier le wok enflammé, on découvre des ingrédients qui définissent tant la cuisine de ce coin du monde. Enfin on comprend ces bouquets jusqu'alors indéfinissables. Le combava (lime kaffir), un agrume duquel la feuille est également utilisée comme source de saveur dans les plats mijotés, et le galanga, une racine qui ressemble au gingembre en tout sauf en goût. On espère que l'on pourra en retrouver au Thaï Son ou ailleurs à Montréal quand il sera temps de vous faire goûter nos nouveaux apprentissages gastronomiques. Des volontaires?





SELON ANNICK - Chez les mammouths

Le tourisme autour des éléphants est impressionnant dans le Nord de la Thaïlande. Plusieurs compagnies se disputent les clients, essayant de diversifier leur offre avec des descentes sur radeaux en bambou, BBQ sur la plage et autres. Ce qui prime réellement, c'est le choix de la compagnie qui assure le bon traitement des éléphants. D'accord, on se doute qu'il faille que les nacelles soient bannies... C'est une évidence. Mais pour le reste? Difficile de faire un choix consciencieux.  Après quelques lectures, on arrête notre choix sur Baan Chang Elephant Park, un centre qui adopte et accueille des éléphants malades, retraités ou qui ont souffert de mauvais traitements. Un oasis pour éléphants, une place qui semble prendre soin d'eux. Du moins, c'est ce que l'on nous vend. Et c'est encore ce que l'on croit suite à notre visite.


Les éléphants sont grandioses. Une force de la nature. Ils dégagent un "je ne sais quoi" de complètement apaisant. On les nourrit, on apprend à les guider, on les fait marcher, on monte sur leur dos et on les nettoie.




Une journée passée avec eux, une activité pour faire rêver petits et grands. De mon côté, moi qui suis reconnue pour être la grande amie des animaux (ce n'est pas que je ne les aime pas, c'est juste qu'ils m'effraient un peu... parfois...), je me surprends à être vraiment excitée par cette journée. Mais vite, c'est le mammouth qui retient le plus mon attention. Qui me fascine. "Le quoi?" dit Benoît. "Le mammouth. Regarde comme il est dévoué". 

Bon, vous l'avez deviné, je voulais parler du mahout, cet homme qui accompagne l'éléphant tout au long de sa vie, qui le lave, lui donne à manger, bref celui qui veille sur lui. J'étais alors un peu honteuse d'avoir passé une demi-journée avec mon éléphant et mon mammouth, en me demandant ce qui avait bien pu pousser l'humain à appeler cet "emploi" ainsi. 

Selon notre guide, la vie de mahout est l'une des plus difficiles d'Asie. Souvent ce dernier quitte sa famille pour aller vivre dans un sanctuaire d'éléphants où, tous les soirs, après avoir veillé sur son animal, il dormira dans une chambrette, devant l'enclos de ce dernier. Il recevra une maigre paye et aura rarement l'occasion de retourner voir les siens. Toutefois, ces deux êtres ont la chance de s'adopter tranquillement, mutuellement. On associe ainsi ensemble ceux qui ont le même caractère, le même type de personnalité. Les sensibles ensemble, les peureux avec les peureux, ceux qui aiment jouer sont liés, etc.. Le mahout doit toutefois démontrer une force dominante sur sa bête (dans un groupe d'éléphants sauvages il y a toujours un chef, le plus fort, le dirigeant). Si l'éléphant se sent en confiance, il confère donc la position de chef à son mahout. Quand on regarde les proportions de leur corps, il est étrange de constater cette dynamique. L'homme si petit se veut encore le plus grand.

La nôtre, notre éléphante, c'est la "cruiseuse". C'est ce que notre guide nous dit à la fin de la journée. On en rit Benoît et moi parce que notre mahout aimait bien me chatouiller les pieds et m'envoyer quelques clins d'oeil. Le match est parfait.

Smack! Elle m'embrasse dans le cou!

Notre mahout connait aussi le charme de son sourire. Et il a les dents rouges. Du bétel. On en déduit qu'il doit être birman. En échangent quelques mots dans sa langue natale avec lui, l'empressement avec lequel il nous répond trahit la nostalgie de sa Birmanie ou des siens. On voit dans ses yeux la lueur d'un bonheur soudain. Je les aime les mahouts moi. Autant que les éléphants et plus que les mammouths.

Notre mahout

Wednesday, 20 November 2013

Chiang Mai ou le paradis à la fin de votre séjour (birman)

Oui, d'accord, c'est beaucoup plus touristique, mais les conforts offerts par la "rose du nord" sont tout de même appréciés. Nous sommes farang, il faut se l'admettre. Nous nous surprenons à rester à Chiang Mai pendant presqu'une semaine. Les activités et sorties offertes sont si nombreuses qu'Annick, ayant déjà séjourné ici, ne dédouble aucune expérience. Cafés, ballades, journée avec les éléphants, night market (oups! un dédoublement), cours de yoga, cours de cuisine...




Le 2 novembre est l'anniversaire de Balala, donc aussi bien profiter du côté "bien-être" de la ville et se gâter un peu. Le mot d'ordre: "Indulge yourselves!". Le programme de cette journée, entièrement organisé par Benoît, comprend déjeuner au lit, RV Skype avec amis et famille, cours de massage thaï puis un après-midi au spa où la fêtée reçoit 4 traitements. On couronne le tout avec un souper dans un VRAI resto italien, où ils servent du VRAI parmesan et de la VRAIE mozzarelle. Délissimo (mot déjà inventé depuis longtemps par Annick, utilisé lorsqu'elle est aux anges)! Seul un verre de vin rouge manque au menu puisque, la veille et le jour des élections municipales, l'alcool est banni à Chiang Mai. Au début on croit que c'est pour éviter le "drunk vote", mais l'historique du pays nous porte maintenant à croire que c'est plutôt les émeutes qui sont visées par cette règle.




On rencontre plusieurs expats, des baby-boomers hippy qui ont ouvert leurs cafés bios ou leurs gîtes équitables. On prend plaisir à leurs inventer des vies pendant qu'on sirote un thé ou un jus de fruits frais. À chaque fois que nous sommes assis à une table, des promoteurs déposent des pamphlets annonçant les prochains combats du Muay Thaï (art martial qui est également sport national de la Thaïlande). Notre cours de massage nous donnant l'impression d'avoir assez fait de combats (les photos parlent d'elles-mêmes), nous n'y allons donc pas.




Beaucoup de détente, beaucoup de plaisirs, des vacances à même nos vacances. Il faudrait partir, mais pourquoi pas demain? Ou après-demain...

Dates de visite: 1er au 6 novembre 2013

Monday, 7 October 2013

SELON ANNICK - Bangkok prise 2

À première vue, selon mes souvenirs, la ville ne semble pas trop avoir changée depuis les 6 dernières années. Le choc de l'arrivée est fort moins grand. Je me sens moins étourdie. Moins engloutie. 
En serpentant les différents quartiers, de nombreux souvenirs avec ma mère me font sourire. Les incontournables touristiques n'ont pas changé mais on remarque au sein de Bangkok une modernisation accélérée et une pullulation de grandes chaînes commerciales. Même Dean et Delucca a maintenant pignon sur rue (et dire qu'on n'en a même pas à Montréal! #jalousie).

Ici, à même la rue, tout est à vendre, tout peut être acheté. Une villa pour les expatriés, un sauté pour déjeuner, une femme pour la nuit... La ville est placardée de grandes affiches publicitaires plastifiées. Ces affiches, servant d'abord les commerciaux, sont ensuite récupérées pour servir d'abris et d'extensions aux maisons en bordure des klongs. La publicité, celle du jour ou la recyclée, est donc partout. Le long de ces canaux (on surnomme Bangkok la Venise d'Asie), la disparité entre les anciennes bâtisses et les nouvelles demeures est saisissante. C'est partout pareil. Mais ici au moins, les affiches publicitaires ont une deuxième vie. ;)


Le décalage, la chaleur et le bruit nous étourdissent un peu. Heureux d'être arrivés (après 28h de voyage), on finit notre séjour à Bangkok en mangeant des fruits de mer sous un viaduc. Vivement la bouffe de rue.

Dates de visite: 25 au 28 septembre 2013