Le tourisme autour des éléphants est impressionnant dans le Nord de la Thaïlande. Plusieurs compagnies se disputent les clients, essayant de diversifier leur offre avec des descentes sur radeaux en bambou, BBQ sur la plage et autres. Ce qui prime réellement, c'est le choix de la compagnie qui assure le bon traitement des éléphants. D'accord, on se doute qu'il faille que les nacelles soient bannies... C'est une évidence. Mais pour le reste? Difficile de faire un choix consciencieux. Après quelques lectures, on arrête notre choix sur Baan Chang Elephant Park, un centre qui adopte et accueille des éléphants malades, retraités ou qui ont souffert de mauvais traitements. Un oasis pour éléphants, une place qui semble prendre soin d'eux. Du moins, c'est ce que l'on nous vend. Et c'est encore ce que l'on croit suite à notre visite.
Les éléphants sont grandioses. Une force de la nature. Ils dégagent un "je ne sais quoi" de complètement apaisant. On les nourrit, on apprend à les guider, on les fait marcher, on monte sur leur dos et on les nettoie.
Une journée passée avec eux, une activité pour faire rêver petits et grands. De mon côté, moi qui suis reconnue pour être la grande amie des animaux (ce n'est pas que je ne les aime pas, c'est juste qu'ils m'effraient un peu... parfois...), je me surprends à être vraiment excitée par cette journée. Mais vite, c'est le mammouth qui retient le plus mon attention. Qui me fascine. "Le quoi?" dit Benoît. "Le mammouth. Regarde comme il est dévoué".
Bon, vous l'avez deviné, je voulais parler du mahout, cet homme qui accompagne l'éléphant tout au long de sa vie, qui le lave, lui donne à manger, bref celui qui veille sur lui. J'étais alors un peu honteuse d'avoir passé une demi-journée avec mon éléphant et mon mammouth, en me demandant ce qui avait bien pu pousser l'humain à appeler cet "emploi" ainsi.
Selon notre guide, la vie de mahout est l'une des plus difficiles d'Asie. Souvent ce dernier quitte sa famille pour aller vivre dans un sanctuaire d'éléphants où, tous les soirs, après avoir veillé sur son animal, il dormira dans une chambrette, devant l'enclos de ce dernier. Il recevra une maigre paye et aura rarement l'occasion de retourner voir les siens. Toutefois, ces deux êtres ont la chance de s'adopter tranquillement, mutuellement. On associe ainsi ensemble ceux qui ont le même caractère, le même type de personnalité. Les sensibles ensemble, les peureux avec les peureux, ceux qui aiment jouer sont liés, etc.. Le mahout doit toutefois démontrer une force dominante sur sa bête (dans un groupe d'éléphants sauvages il y a toujours un chef, le plus fort, le dirigeant). Si l'éléphant se sent en confiance, il confère donc la position de chef à son mahout. Quand on regarde les proportions de leur corps, il est étrange de constater cette dynamique. L'homme si petit se veut encore le plus grand.
La nôtre, notre éléphante, c'est la "cruiseuse". C'est ce que notre guide nous dit à la fin de la journée. On en rit Benoît et moi parce que notre mahout aimait bien me chatouiller les pieds et m'envoyer quelques clins d'oeil. Le match est parfait.
Notre mahout connait aussi le charme de son sourire. Et il a les dents rouges. Du bétel. On en déduit qu'il doit être birman. En échangent quelques mots dans sa langue natale avec lui, l'empressement avec lequel il nous répond trahit la nostalgie de sa Birmanie ou des siens. On voit dans ses yeux la lueur d'un bonheur soudain. Je les aime les mahouts moi. Autant que les éléphants et plus que les mammouths.
Notre mahout







Très beau billet. Je lis vos derniers billets en rafale. Ça met du soleil dans cette journée sous la neige. Julie T.
ReplyDelete