Saturday, 14 December 2013

Coup de vieux


On n'a plus 20 ans et on le sent à Vang Vieng. Suite à nos lectures, le premier réflexe est de se trouver un logement hors de la cohue et du party. Après avoir traversé un pont payant (même pour les piétons!), on se demande si on est allé trop loin mais on finit par être content de l'emplacement. Étonnamment, c'est une ville plutôt désertique que l'on découvre. Plusieurs commerces sont à vendre ou à louer. Certes, on y croise plusieurs fêtards et flâneurs, mais l'époque de Vang Vieng, telle que vue sur les photos des backpackers qu'on retrouve sur Google, est révolue. Depuis le début de l'année, suite à la mort du fils d'un ambassadeur australien (selon le bouche-à-oreille "Vang Viengien"), les bars bordant l'infâme descente en bouée sont maintenant fermés et les glissades, perchoirs, cordes de Tarzan sont démantelés. Il ne reste maintenant que trois bars pirates au début de la descente ainsi qu'un vieux couple d'entrepreneurs qui vend des bouteilles de bière aux assoiffés.

La descente est vraiment agréable, le paysage est grandiose, l'eau est bonne. Mais on veut tout de même s'arrêter aux bars pour voir les vestiges de ce défunt lieu de fête. Est-ce notre âge ou notre nature peu "Spring Breakienne" qui cause le choc? Parce que croyez-nous la fête est toujours bien vivante au Bar 2 (c'est à la fois son nom et son emplacement). Jeunes filles en bikini qui dansent comme des déchaînées, légions de shooters de Lao Cai, sérieuses séances de frenchage et oui, il est bien 2 heures de l'après-midi. Nous, on vise plutôt la table de ping-pong. On se sent vraiment vieux, jusqu'à se qu'on croise plusieurs Polonais dans la quarantaine qui agissent comme des frat-boys. On doit se l'admettre, cela n'a jamais vraiment été notre scène.




Lors de la fin de la descente, on aide un fille complètement saoule à rester sur son tube, une autre à se sortir des buissons, une dernière à atteindre les marches de sortie. La descente prend plus de temps qu'annoncée et c'est à la complète noirceur qu'on arrive en ville. Benoît manque le débarcadère et doit monter dans les buissons, passer au travers d'un resort de luxe et traverser la ville entière, à la course, tube sur le dos pour rejoindre Annick. C'est une Annick en pleurs qu'il retrouve. La réputation de l'activité lui avait fait imaginer le pire. Elle a encore sur le coeur le manque d'aide et de support qu'elle a reçu alors qu'elle criait, seule sur la rivière. Deuxième coup de vieux de la journée. Épuisés par cette malencontreuse fin d'activité, on s'apaise devant des Friends (qui sont projetés dans presque tous les restos de la ville) alors que les jeunes fêtards continuent à boire des Beerlao.


Le lendemain, on décide de faire l'activité "mature" de Vang Vieng. On se loue des vélos de montagne et on part. Premier arrêt, la ferme organique tant vantée par Isa, Joëlle et Louis. Magnifique repas, on est estomaqués(!). Benoît déclare que c'est le meilleur fromage de chèvre qu'il a mangé de sa vie. Deuxième arrêt, le Lagon Bleu. La route pour s'y rendre est rocailleuse et le soleil plombe. Le trafic y est hétéroclite: poules, coqs, chiens, chats, 4x4, motocyclettes, une horde de jeunes écoliers à vélo, tracteurs rafistolés, etc. Le bouchon de circulation est causé par un troupeau de vaches qui encercle Annick. On a hâte de se rafraîchir dans le lagon. 


Toutes les photos nous avaient dépeint une piscine naturelle turquoise idyllique. Ces photos ont été prises à la droite du pont... Car à la gauche, là où l'on peut se baigner, l'on retrouve la majorité des jeunes du bar 2 vus la veille. Bières à la main, le party continue et les tuk-tuks les attendent. On repart à vélo avec le sentiment d'avoir fait le tour de la place... Mais le soir venu, au Café de Paris, on rencontre Richard, le propriétaire du resto ainsi que son ami Julien qui fait son mémoire sur la jeunesse laotienne. Ils nous invitent à partager leur repas et leur bouteille de vin. Les plats sont délicieux, Benoît se laisse même tenter par un tartare malgré les avertissements de pré-départ de Noémie. On apprend beaucoup en discutant avec eux; l'écart flagrant entre les générations, les persécutions actuelles contre les Hmongs, les reliques de la guerre secrète. On nous partage aussi la perception qu'ont les Laos du tourisme de ces lieux, des relations et répercussions qui en découlent, etc. Inévitablement, on nous confirme que l'endroit est en changement et qu'un tourisme de plein air est maintenant en développement. Que les restos et cafés d'intérêt sont maintenant en périphérie de la ville. Le commerce de Richard est en plein essor, tandis que les restaurants de Friends ont du mal à arriver. La ville vieillit, comme nous.





Dates de visite: 19 au 23 octobre 2013

1 comment:

  1. C'est le coup de vieux sain Benoît!!! Ce n'est pas que tu n'es plus capable, c'est que tu n'as plus envie... :)

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