Il est 18h30, l'heure où, à l'hôtel, notre tuk-tuk nous attend pour nous amener à la station d'autobus direction les 4000 îles. Pourtant, nous sommes toujours à trois coins de rue en train d'attendre devant un ATM. Pourquoi?
Si vous voulez comprendre, il faut revenir 3 heures en arrière. Suite à une journée un peu décevante (après la Shwedagon Paya, toutes les grosses pagodes nous semblent un peu mineures), où Benoît doit toujours rester à proximité d'une salle de bain (si vous voyez ce qu'on veut dire), nous nous dirigeons vers un ATM pour retirer l'argent nécessaire pour vivre notre séjour dans les 4000 îles, où il est impossible de se procurer des sous. À 16h30, la carte de débit d'Annick est insérée dans la machine. Puis, la machine bascule vers un environnement Windows XP et active des protocoles inquiétants. Après plusieurs écrans indéchiffrables, elle affiche son statut de bienvenue, comme si aucune carte n'y était. La machine a avalé notre carte. Pour de bon. Après plusieurs appels aux 4 numéros d'urgences affichés sur ce guichet, Annick finit par menacer le préposé au service à la clientèle. "We are two Canadiens with no money left in your country. If you don't come soon I will have to call the police". À ce moment on sent que la gravité de la situation a été comprise. Deux gentils Laos, la réceptionniste d'une auberge à proximité et notre vendeur de billet d'autobus (qui étaient assez dispendieux et qui ne pourront être remboursés si nous ne prenons pas une décision avant 17h30) appellent à tour de rôle les mêmes numéros d'urgences pour harceler le préposé. À 17h, nous avons une promesse qu'un réparateur viendra avant 18h30. À 17h30, nous prenons la décision de potentiellement perdre nos billets. À 18h, Annick part se chercher un souper pour emporter dans l'autobus, au cas où... Benoît se contentera d'imodium. À 18h25, nous commençons à perdre un peu espoir. L'hypothèse de Benoît: au Laos, "avant 18h30" veut dire autour de 18h30, même si la promesse est faite 2h avant. À 18h30, deux hommes habillés en civils arrivent, peinards, sur une mobylette. Aucun logo de banque, aucun uniforme. Mais ils ont la clé. Le temps presse, mais ils veulent des preuves d'identité. Heureusement, nous avons tout avec nous.
On part à la course, carte en main, sourires aux lèvres. On passe devant le vendeur de billet d'autobus qui nous fait signe de nous dépêcher. On continue notre course en lui criant "Khop chai lai lai!!" On arrive, juste à temps devant l'hôtel. Le tuk-tuk vient d'arriver, nous pourrons partir aux 4000 îles ce soir. Deux américains, Paul et Tristan, attendent après nous dans le bolide. Nous nous excusons, expliquons la situation et rions bien de l'heureuse conclusion. Une fois rendus dans l'autobus, nous constatons que les "sleeper bus" du Laos offrent de minces couchettes, format asiatique, pour deux. Mais nous avons vu pire aujourd'hui, et malgré un léger reste de maladie, Benoît dort relativement bien. De toute façon, dès demain, nous nous prélasserons, dans des hamacs, sur une île du Mékong. À notre tour d'être peinards!


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