Les cours d'hébertisme ne sont pas pour tout le monde. Certains prennent plaisir à se hisser le haut d'une corde, à sauter sur des nacelles de bois ou à traverser de hauts ponts. D'autres pas. Moi, l'hébertisme ça me rappelle deux choses: des genoux en sang et une odeur de bois mêlée à celle de la sueur. Ne vous méprenez pas, j'adore les randonnées dans le bois où ailleurs, c'est juste que parfois, je ne m'y sens pas tellement habile...
Traverser un pont en bambou avec presqu'autant de planches que de trous et qui n'a pour rampe que du fil de fer. C'était la première étape de notre randonnée dans la jungle près de Luang Namtha au Laos (moi j'appelle ça de l'hébertisme). Annick, prends sur toi, tu y arriveras.
Marcher un pas à la fois. Lever les pieds plus haut. Les déposer en retenant la pression. Travailler son transfert avant-arrière. Se munir d'un bâton de bambou.
Apprendre à marcher.
Accepter la main du guide. Demander la main du guide. Marcher le long du précipice. Ne pas regarder. J'ai dit, ne pas regarder.
Ce qui semble difficile au début devient rapidement la norme. On s'habitue et puis on commence à apprécier. Le corps s'est échauffé, les pieds suivent, la tête peut alors se vider.
L'aisance et l'agilité de nos deux guides sont épatantes. Ayant tous les deux "grandi" dans la jungle, ils savent tout faire avec un rien. Ils prennent plaisir à nous faire goûter des plantes médicinales et à nous expliquer comment piéger rats et oiseaux ou encore mieux, comment concocter du poison tels que le faisaient leurs grand-pères pendant la guerre. Ils nous façonnent des verres à partir de bambou, nous font des éventails, pêchent le poisson et font d'excellents repas que l'on partage sur feuilles de bananiers avec nos compagnons de randonnées (5 israéliens et un italien, Daniel, qui prend autant de plaisir à manger que Benoît). Tout ce beau monde est heureux, on partage nos vies et on se lie rapidement d'amitié (nous avons maintenant de nouvelles destinations pour de futurs voyages).
Nos guides, pieds nus ou en sandales, ont un équilibre et une capacité à adhérer à la boue ainsi qu'au sol glissant que je ne peux qu'admirer. Mais je dois admettre que mon scout démontre une facilité et une aisance quasi semblables. Je suis impressionnée.
Avec nos bottes de randonnées et nos sacs à dos d'expédition (certains randonneurs portent même de réels chapeaux d'aventuriers), on a l'air un peu fou, comme un adulte qui porterait un gilet de sauvetage dans une piscine gonflable pour enfants.
Le soir venu, après une détente dans la rivière, Benoît et ses deux nouveaux amis capturent un criquet que le guide s'empresse de griller dans le feu de camp pour ensuite le partager. Au Laos, on mange de tout. Des oeufs de fourmi, des foetus de canard, des chauve-souris et des criquets capturés en randonnée... Dans la jungle on trouve de tout, des médicaments, des insectes, des animaux, des braconniers.
Après une nuit de sommeil dans une cabane en pleine jungle, on reprend la marche. Traversée de rivières, montée et descente de collines, enjambées de souches de bois. Le rythme est bon. La confiance est présente.
De nouvelles traversées en hauteur. Encore une fois, ne pas regarder! J'ai dit, ne pas regarder. La randonnée se déroule presque trop vite.
Aucune blessure sur mes genoux, quoique l'odeur de sueur mêlée à celle du bois est bien présente.
Respirer. Profiter. Regarder.
Prendre plaisir à marcher.
Dates de visite: 8 au 11 novembre 2013







Y a-t-il des choses que vous n'aurez PAS fait durant ce voyage?!? Incroyable!! XX
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